Pascal ne dort plus dans la rue

Ouest-France
14/11/2011

Cliquez sur les images pour agrandir


photo pascal michaud vit dans un appartement du centre-ville de nantes, propriété de toit à moi.

Pascal Michaud vit dans un appartement du centre-ville de Nantes, propriété de Toit à moi.

Les donateurs de l’association Toit à moi financent, à Nantes, l’achat de logements qui permettent à des sans-abri de se reconstruire. Âgé de 52 ans, un ancien facteur en profite.

Pascal Michaud, mine facétieuse, moustache à la Brassens et cheveux coiffés en queue-de-cheval, a trouvé du boulot. Et il dort au chaud. Cet homme de 52 ans, qui a été facteur près de Nantes « pendant 24 piges », revient de loin.

« Un jour, j’ai craqué. J’allais me jeter dans la Loire quand, par miracle, un copain m’a arrêté. » Dépressif, désespéré, il doit renoncer au travail, à sa chambre meublée et se retrouve à la rue. « Je suis parti à l’aventure et j’ai fait pas mal de bitume », avoue-t-il. Sa dèche a duré huit ans.

Depuis avril 2010, Pascal est logé au centre de Nantes, dans un appartement propriété de Toit à moi. Cette association a été fondée en 2006 par deux conseillers en création d’entreprise. Denis Castin est de ceux-là: « L’association est née d’une révolte contre la misère. Notre idée, c’est d’acheter des appartements grâce aux dons réguliers de 150 particuliers. »

Les gens sont accompagnés

Les dons permettent de rembourser les emprunts contractés. Et d’acquérir de nouveaux logements… « Nous avons trois appartements à Nantes, explique cet ingénieur de 39 ans au bel accent du Sud-Ouest. Et notre objectif est maintenant de changer d’échelle : d’en acheter deux par an. »

Denis, comme Gwenaël Morvan, l’autre cofondateur, consacre tout son temps à un projet qui, outre le parrainage de particuliers, bénéficie du mécénat d’une poignée d’entreprises. « Les patrons sont contents d’agir socialement. Mais nous ne sommes dépendants de personne », précise Denis. Et surtout pas des collectivités publiques, vraiment chiches d’aide.

Toit à moi héberge deux personnes isolées et une famille de Roms. « Nous accueillons sans limite de durée des gens signalés par le Samu social et des associations d’aide aux personnes en grande difficulté. » Héberger n’est pas le seul objectif de l’association. Celle-ci se charge aussi d’accompagner. Hélène Marquet, une éducatrice spécialisée, suit les personnes logées.

« L’accompagnement est important, explique Denis. Nous travaillons avec nos hébergés sur l’insertion professionnelle, le budget, la santé, l’hygiène et les addictions. » Pour qu’ils s’autonomisent. Pascal est sur ce chemin. Depuis deux mois, il est employé dans une entreprise d’insertion. « Je bosse dans un atelier qui trie et broie le pain collecté. » Et il vient de déposer une demande pour avoir un HLM. « J’ai hâte d’être chez moi, de me meubler comme je veux. » Hélène l’aide dans ses démarches administratives.

« Toit à moi m’a logé. Et j’ai été écouté dans l’amitié », explique cet homme pétillant de vie, qui ne veut plus retenir de la rue que les bons moments : « Je me suis fait des amis. Et j’y ai connu ma copine ! »

Gaspard NORRITO.