Jason - « Je suis arrivé en France pour soigner ma maladie, je n’aurais jamais imaginé me retrouver à la rue. » - Rennes
Jason est arrivé en Europe avec un visa humanitaire pour soigner une maladie non diagnostiquée dans son pays d'origine, le Congo. Mais arrivé en France pour survivre, il a du... survivre à la rue. Gérer des soins posts opératoires sans logement, vivre à la rue avec des problèmes de santé et essayer de garder le sourire malgré tout, ça a été le défi de Jason. Et il a tenu bon.
Comment guérir, sans logement ni sans aide ?
« Je m'appelle Jason, il y a 7 ans, je suis parti seul à 6 000 km de ma famille pour me faire opérer. Je n’aurais jamais imaginé me retrouver à la rue.
J’ai des problèmes de santé depuis mon enfance, mais à Kinshasa où j’ai grandi aucun diagnostic n’était possible. Quand tu comprends que tu as une maladie incurable, tu as deux choix : abandonner et te laisser mourir, ou te battre pour prouver que la vie en vaut la peine.
J’ai pu obtenir un visa humanitaire pour me faire opérer en Suisse. C’est là que j’ai découvert que j’étais atteint d’hémophilie, une maladie qui empêche le sang de coaguler correctement. Dans ma famille, des gens en meurent sans avoir pu être diagnostiqués.
Mon état s’est encore dégradé et j’ai dû me refaire opérer en France. J’étais seul, c’était très dur. Après 4 mois de rééducation, j’aurais pu croire que j’étais tiré d’affaire. En réalité, c’est là que les galères ont commencé : sans possibilité de travailler, je me suis retrouvé à la rue, avec une plaie pas totalement cicatrisée et des soins très lourds à côté.
J’allais à l’hébergement d’urgence chaque nuit en espérant avoir une place, et il fallait retourner dehors la journée. Et puis il y a eu les nuits dans la rue. Un cauchemar que je ne souhaite à personne. Plus d’une fois j’ai failli perdre espoir et lâcher, mais j’ai tenu en pensant à ma famille : “je dois me battre pour que plus personne ne meurt par manque de moyens médicaux.”
Même quand tout semble perdu, il ne faut jamais abandonner ses rêves.
C’est à ce moment-là qu’une place s’est libérée à l’association Toit à Moi, qui permet aux personnes sans-abri de construire leur nouveau projet de vie. J’ai enfin pu être en sécurité dans un appartement. Dans la rue on n’a plus de projets, plus envie de se battre. Un logement c’est le premier pas pour tout reconstruire.
Toit à Moi m’a rendu ma dignité perdue. Je peux enfin regarder les gens dans les yeux. J’ai retrouvé stabilité et confiance en moi, grâce à un environnement bienveillant et à des gens qui m’ont regardé avec considération. Ils m’ont organisé un anniversaire surprise, ça m’a beaucoup touché.
J'ai partagé mon histoire sur linkedin, en me disant que ça allait m'aider à trouver une alternance. Les gens ont été touché car ma publication et mon CV ont été partagés plus de 2 000 fois ! Et ça a marché, j'ai pu trouver une alternance en tant qu'assistant de paie et gestion du personnel.
Devenir pair-aidant pour aider ceux qui, comme moi, ont un jour besoin d'aide
Je viens cette année d'obtenir mon certificat pour devenir Patient Partenaire auprès de professionnels de santé. Je vais pouvoir utiliser mon expérience vécue pour accompagner les patients atteints de maladies hémorragiques rares. Mon parcours est la preuve que l'accompagnement vers l'autonomie transforme les vies ! »

Grâce à vous
Si cette belle histoire a été possible, c'est grâce au courage de Jason, mais aussi aux parrains et marraines qui nous font confiance et nous permettent d'accueillir et d'accompagner des personnes en difficulté dans des logements, le temps qu'il leur faut pour se reconstruire.
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